Stèle de l’Eglise paroissiale de Combrit-Sainte Marine

Lucien Simon a réalisé une œuvre pour l’église de Combrit en contribuant au monument aux morts de la paroisse après la Grande Guerre de 1914-1918.

Soirée dans un atelier

Cette peinture de 1904 a marqué dans la vie et l’œuvre de Lucien Simon. Tant par ses qualités propres et pour l’intérêt historique de la scène représentée que pour son histoire mouvementée et son destin mystérieux, ce tableau mérite un commentaire plus approfondi que beaucoup d’autres.

Le retour du Soldat, 1933

Le retour du soldat Lucien Simon (1861-1945) Huile sur toile, 1928, hauteur 73 cm, largeur 92 cm, signé en à droite. Depuis 1985 au Musée départemental de l’Oise à Beauvais, inventaire 85.19

Le retour du soldat
Lucien Simon (1861-1945)

Huile sur toile, 1928, hauteur 73 cm, largeur 92 cm, signé en à droite. Depuis 1985 au Musée départemental de l’Oise à Beauvais, inventaire 85.19

Cette peinture est une étude préparatoire pour un des quatre grands panneaux commandés par l’État et que Lucien Simon a exécutés pour décorer l’escalier d’honneur conduisant aux salles de séance des commissions du Sénat, deuxième assemblée du parlement français qui siège dans le Palais du Luxembourg, ancienne résidence de Marie de Médicis, reine de France, épouse du roi Henri IV début du XVII ème siècle.

Ces décorations monumentales avaient pour thèmes le retour de la paix et la reprise de la vie après la fin de la première guerre mondiale (1914-1918). Quatre grands panneaux ont été réalisés par le peintre montrant respectivement le retour des armées, la reprise des activités industrielles, des arts et des lettres et enfin des travaux des champs. C’est ce dernier thème qui a inspiré le tableau exposé.

On y voit le soldat de retour chez lui, encore vêtu de sa capote bleu horizon, qui a chaussé ses sabots et repris les manches de la charrue. Son jeune fils coiffé du casque de son père un fouet à la main fait avancer le cheval. Au premier plan une jeune femme entourées de ses enfants ; derrière des maçons s’activent sur un échafaudage à la reconstruction d’une maison.

Le grand panneau marouflé sur place au Palais du Luxembourg reprend très exactement la composition et les valeurs de ce tableau mais déploie le thème sur un format d’ensemble avec des dimensions bien supérieures (h 374 cm, largeur 620 cm).Cette commande avait fait l’objet de difficiles négociations entre les services publics concernés. La décoration du plafond d’abord confié au peintre Aman-Jean avait ensuite été confiée à Maurice Denis. L’ensemble a été inauguré avec faste le 28 février 1929, en présence du Président de la République, Gaston Doumergue et du Président du Sénat, Paul Doumer. Ayant à répondre à une commande publique destinée à orner un palais prestigieux et à la commémoration d’un évènement d’importance considérable, la fin d’une des plus sanglantes des guerres, Lucien Simon sans manquer aux intentions des autorités qui l’avait désigné pour cela, a néanmoins réalisé une œuvre sereine avec des personnages très naturels faisant les gestes habituels de leur condition dans un paysage printanier invitant au calme et l’optimisme. Si sur le plan technique, la construction du tableau est très étudiée avec de vifs contrastes des couleurs de la terre et du ciel, il émane une fraîcheur lumineuse de cette peinture.

La Voile bleue à Venise

La Voile Bleue - 1912 Huile sur toile, 228 x 150 Venise, Ca’Pesaro, musée d’Art moderne et contemporain

La Voile Bleue – 1912
Huile sur toile, 228 x 150 Venise, Ca’Pesaro, musée d’Art moderne et contemporain

Aller à Venise pour un amateur de peinture c’est avoir rendez-vous avec les peintres des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles ; Giorgione, Titien, Tintoret, Véronèse, Canaletto, Guardi, Tiepolo et tant d’autres… au palais des Doges, à l’Accademia, à la Scuola grande di S. Rocco (c’est là que sont les plus somptueux Tintoret) et dans tant d’églises et de palais.

Mais si l’on s’arrête le long du grand canal au Ca’ Pesaro, palais abritant le Musée d’art moderne, on peut aussi y voir en bonne place un grand tableau de Lucien Simon, « La Voile bleue » ou « La Voile ». Le musée l’intitule « La Barca » ou « The Boat » ou « Le Bateau » selon le cartouche, le catalogue ou la langue.

Très lumineux, ce tableau représente une barque à l’embouchure de l’Odet, barrée par Paul Simon, le fils de Lucien, dans laquelle les deux jeunes sœurs de celui-ci, Charlotte et Lucienne, se laissent conduire par le vent qui gonfle doucement une misaine bleue. La mer est calme avec de clairs reflets argentés et l’on aperçoit le phare du Coq sur la rive de Bénodet.

Quittons un moment les eaux saumâtres de la lagune et l’air souvent étouffant de la ville des Doges, ce tableau représente une bouffée d’air breton. Les critiques d’art qui ont voulu désigner le groupe de Lucien Simon et de ses amis sous l’appellation « Bande Noire » n’avaient sans doute pas vu cette œuvre…

Acquisition par le Palais Ca’ Pesaro de ce tableau lors de la Biennale de 1912

La Voile bleue ou Le Bateau est exposé dans ce musée depuis 1912, ayant été acheté par la ville de Venise à la Biennale de cette année-là où Lucien Simon avait une exposition particulière. Cet achat s’est fait dans le cadre d’une politique de constitution d’une collection d’art contemporain : « La collection d’art moderne de la ville de Venise – attribuée à ce qui a été appelé alternativement la Galerie internationale d’art moderne ou le Musée d’art moderne – a été constituée grâce à la Biennale… dont la première date de 1895. » (Catalogue français du musée Ca’ Pesaro, Galerie internationale d’art moderne)

Dans le catalogue, ce tableau est bien représenté sur une pleine page (p. 111) avec la légende suivante :

N° 83. Lucien Simon
Le bateau
Huile sur toile, 228 x 150 cm
En bas, sur le rebord à droite : Simon Acquisition à la Biennale, 1912

Après avoir épousé la sœur d’un peintre breton, Simon s’établit en Bretagne à Combrit-Sainte-Marine dans les premières années du XXe siècle ; il se consacre alors intensément au folklore local, de préférence avec des sujets gais et pleins de mouvements soutenus par des choix chromatiques de type postimpressioniste. Le peintre s’intéresse également à la famille, aussi bien dans des scènes d’intérieur que, comme dans le cas de ce tableau, dans des scènes en plein air ; son autoportrait* avec ses deux filles –Lucienne et Charlotte- par une journée de vent et de soleil, est une bonne occasion de peindre une scène moderne, photographique, caractérisée par de grandes taches de couleur, notamment la grand voile bleue, qui assume ainsi un rôle de premier plan. Le but, dans un cas comme celui-ci, n’est plus de représenter le paysage breton (l’entrée du port de Bénodet) relégué en arrière-plan et ne correspondant que vaguement à la réalité, mais de rappeler certaines œuvres de peintres impressionnistes bien connues, où ces derniers avaient justement fait d’un bateau une sorte d’atelier provisoire dans certains cas.

 

*commentaire de la rédaction du site web : il ne s’agit pas d’un autoportrait de Lucien Simon avec ses deux filles, il s’agit bien sûr de Paul, son fils et de ses deux filles : Il faudra demander au musée de faire rectifier pour leur prochaine édition.

Exposé dans le grand Salon à côté d’une très belle sélection de peintres qui lui sont contemporains

voile-ext-2Le grand salon à l’étage noble, ou salon d’honneur, au premier étage du musée du Ca’ Pesaro reste l’axe central de l’exposition dans le nouvel aménagement datant de 2002, et où l’on trouve des œuvres venant de diverses Biennales. Le tableau de Lucien Simon y côtoie de très belles toiles de fin du XIXe-début du XXe siècle. Des peintures de Bonnard, Chagall, Kandinsky, Cottet (avec une grande toile intitulée La Procession de Saint-Jean en Bretagne), Joan Miro, Albert Marquet, Max Ernst… et de tant d’autres peintres, méritent d’y être vues.

par Dominique Boyer, petit-fils du peintre

Bain ou Bain de Bretonnes, 1909

Le musée du Luxembourg a acquis l’œuvre dès son exposition au salon. La scène a tant séduit l’artiste et ses amateurs qu’il en a retravaillé plusieurs fois le thème produisant des versions différentes en taille et technique, intitulées les Baigneuses, ou Bain en Bretagne avec nombre d’esquisses, variant la disposition et le nombre des personnages, leurs vêtements, la végétation alentour mais l’esprit, la lumière sont bien les mêmes.