Pauline de La Jarrige, artiste inspirée, créatrice de vitraux

L’art dans lequel Pauline excellera avec le plus de talent, de continuité et beaucoup d’amour est la création de vitraux dédiés à des églises et chapelles bretonnes.

Exposition de Paul Simon

Musée des Années Trente à Boulogne Billancourt, du 18 avril au 28 octobre 2012

La sculpture animalière, d’inspiration naturaliste, réaliste ou stylisée, a eu une période très prolifique entre-deux guerres, période dans laquelle s’incrit Paul Simon avec ses amis sciulpteurs Paul Jouve, Edouard-Marcel Sandoz ou Maurice Prost. Avec une de ses sculptures représentant un buste d’Orang Outan (1947), si étrangement humain, Paul Simon y cotoie nombre d’artistes sculpteurs. On peut suivre ce courant animalier jusqu’à de grands contemporains plus proches comme Jean Arp (l’animal de rêve, 1947), Marino Marini (un grand cheval), Picasso (La chouette en colère, 1951) ou Giacommetti (le chat, 1951).

Actualité sur P.Simon_aout 2012compres

La société d’artistes animalières dans l’entre deux guerre

« Observer longuement les animaux des grands zoos parisiens, étudier leurs attitudes et leur anatomie, n’est pas une attitude nouvelle au XXéme siècle. De grands artistes tels que Barye ou Fremiet, au XIXe siècle se passionnaient déjà pour le monde animal. Bugatti et Pompon sont les sculpteurs animaliers modernes les plus reconnus aujourd’hui, et furent déjà considérés comme maîtres par leurs confrères. Dans cette lignée, le nombre d’artistes intéressés par l’animal est particulièrement important entre-deux guerres et justifie leur regroupement en associations multiples : La société des Artistes animaliers, le groupe des Artistes Animaliers… » ; (Extrait de la présentation de l’exposition présentée par le commissaire Frédéric Chappey)

Portrait naturaliste, animal réaliste

La partie « Portrait naturaliste – l’animal réaliste » du texte du commissaire de l’exposition, Frédéric Chappey, semble illustrer directement l’état d’esprit dans lequel Paul Simon a sculpté son œuvre exposée dans la première partie du parcours :

Portrait d’un Orang Outan ci-dessous représenté, sculpté en 1947 :

« Bêtes à plumes ou à poils, félins ou oiseaux, légèreté ou massivité…Les artistes s’attachent à représenter les animaux avec réalisme et précision. De longues heures d’observation au Jardin des Plantes ou au zoo de Vincennes ont permis aux sculpteurs d’étudier l’anatomie et les attitudes caractéristiques de chaque espèce….Désireux de capter les attitudes spontanées de leurs modèles, les artistes ont pour ambition de restituer les caractéristiques des animaux qu’ils ont sous les yeux, sans toutefois nier leur propre sensibilité. La personnalité de certains sculpteurs se dessine à travers leurs œuvres. C’est ainsi que les artistes de cette section présentent de réels portraits. Un monde imaginaire se dessine et la diversité y évoque la passion et la tendresse que ces sculpteurs éprouvent face à la beauté animale. »
Frédéric Chappey

Paul SImon

Paul Simon L’Orang Outan, 1947
Terre Cuite
Musée des Années Trente

A l’occasion de cette actualité sur les sculpteurs animaliers parmi lesquels on retrouve Paul Simon, un article lui est consacré sur ce site.

L’Art du peintre Lucien Simon au Salon Doré du Jockey Club, Buenos Aires

TRADUIT DE : EL ARTE DEL PINTOR LUCIEN SIMON EN EL SALÓN DORADO DEL JOCKEY CLUB, REVISTA DE JOCKEY CLUB, N°21, BUENOS AIRES, ARGENTINA


Texte original : Monsieur Roberto D. Müller, 
Traduction française : Mlle Coline Rosdahl.


Espace réservé aux brillantes réceptions et lieu de la réunion mensuelle de la traditionnelle Table du Sénat du Club, le Salon doré expose deux peintures de l’artiste français Lucien Simon (1861-1945), qui, après des parcours différents, sont à nouveau réunies dans ce cercle choisi, pour le plus grand plaisir de ceux qui le fréquentent.

Autoportrait Lyon, musée des Beaux-Arts

Autoportrait
Lyon, musée des Beaux-Arts

Lucien Simon fut un peintre aquarelliste et dessinateur au parcours remarquable. Elève de Jules Didier, il se perfectionna entre 1880 et 1883 à l’Académie Julian. Vers 1895, suivant la voie ouverte par Charles Cottet grâce à son tableau Enterrement en Bretagne aux surprenantes tonalités sombres, et en compagnie d’André Dauchez, Xavier Prinet et René Ménard, Lucien Simon intégra un groupe qui se fit appeler La Bande noire, qui sut tirer parti des recours impressionnistes – et tout spécialement de leurs traits rapides – tout en utilisant des couleurs beaucoup plus sombres et des brusques contrastes entre ombre et lumière.

Son épouse Jeanne, née Dauchez, était originaire de Bretagne, et c’est pour cette raison que Lucien Simon rendra souvent visite à cette région qui le fascina et l’inspira dès le début, l’incitant à s’y installer à partir de 1901. Il s’est alors consacré presque exclusivement à refléter la dure vie des paysans et des marins du pays bigouden, ses côtes abruptes, ses nuages capricieux, la robuste constitution de ses habitants, leurs curieuses tenues, leurs visages tannés au point de paraître taillés en pierre, leurs cérémonies religieuses.

Son succès fut immédiat. Les critiques élogieuses des journalistes se multiplièrent. Dès 1910, Jean Valmy-Baysse lui dédia une étude biographique et artistique à l’intérieur de la série « Monographies illustrées d’artistes vivants », indiquant que, à partir du moment où le peintre décida de s’installer en Bretagne, il devint évident que « son talent avait trouvé sa patrie », car le primitif pays des Bigoudens l’avait décidemment enthousiasmé et avait transformé radicalement son art et son style.

Cette même année, le critique Huntly Carter écrivit dans The New Age que le regard intelligent de Lucien Simon avait su capturer la vie quotidienne d’une manière si expressive que l’on pouvait presque entendre les sons produits par les mouvements et l’activité des personnages de ses peintures.

JC02-7f389Les prix se multiplièrent tout au long de sa carrière ; il en fut de même pour les expositions. En 1912, la galerie parisienne Bernheim-Jeune lui en consacra une, ainsi qu’en 1928 et 1930. En 1925, il exposa à la galerie Witcomb de Buenos Aires, puis à la galerie Charpentier à Paris, à Londres, à Venise et à Pittsburg. Parallèlement, d’autres textes furent publiés sur son œuvre, par exemple Peintures et aquarelles de Lucien Simon, avec une préface de Louis Aubert (Paris, Armand Colin, 1924). Il occupa plusieurs charges publiques et académiques, dirigea le musée Jacquemard-André de Paris, et illustra de nombreux livres d’auteurs français, mais son souffle vital était entièrement dédié à la peinture, accompagné dans cette passion par son épouse Jeanne et son fils Paul, artistes eux aussi.

En 1931, il se rendit à Buenos Aires, où il exposa ses peintures et donna de nombreuses conférences sur l’art contemporain français à la Faculté de philosophie et de lettres, concluant son séjour dans notre ville par un discours à l’Institut populaire de conférences du journal La Prensa, prononcé le 24 juillet et intitulé Lucien Simon par lui-même. Jusqu’au milieu du siècle passé, dix ans après son décès, il était encore fréquent de présenter des dissertations à propos de son art, comme celle que donna Jean Souverbie à l’Académie des beaux-arts le 4 décembre 1957.

Cependant, le nom de Lucien Simon est tombé peu à peu dans l’oubli, et son œuvre fut reléguée au second plan, considérée comme démodée, face à l’élan des avant-gardes de la première moitié du xxe siècle et aux nouvelles tendances esthétiques en vigueur à partir de 1960.

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Il commença à être revalorisé à partir de 1981, grâce à une exposition qui eut lieu au musée de Quimper (chef-lieu du Finistère) et à une seconde exposition consacrée à Lucien, Jeanne et Paul Simon, Une famille d’artistes, organisée à Paris dans la galerie Philippe-Heim en 2002. Cette même année André Cariou publia une ambitieuse monographie abondamment illustrée (Lucien Simon, Plomelin, Éditions Palantines, 2002) et présenta une nouvelle exposition au musée de Quimper du 30 juin au 2 octobre 2006, permettant de réactualiser la figure de l’artiste et de renouveler l’intérêt pour son œuvre.

Au sein de notre milieu, Lucien Simon a joui d’un grand prestige. Le Musée national des beaux-arts a réussi à réunir cinq de ses pièces (huiles ou aquarelles) et nombreux furent les collectionneurs argentins qui se sentirent attirés par sa peinture. L’un d’eux, Francisco Llobet (1883-1939), parvint à posséder douze œuvres de l’artiste et les fit connaître dans une publication très soignée intitulée Lucien Simon : sa vie, son œuvre (Buenos Aires, 1932), qui comporte une étude critique très juste sur le parcours et le style du peintre, signé par le collectionneur lui-même. On lui doit également les brefs commentaires qui accompagnent chacune des reproductions des tableaux, l’un d’eux ayant été peint spécialement pour Llobet : Polistas en Buenos Aires. Le tableau réalisé durant la visite du peintre dans notre pays conclut dignement l’intéressant opuscule édité par Llobet.

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En regardant de plus près le catalogue, nous pouvons dire que, de toutes les pièces exceptionnelles qui le composent, l’on peut en souligner une qui fut toujours considérée comme l’une des œuvres fondamentales de Lucien Simon :Pardon de Tronoan-Lanvoran, une huile sur toile de grande dimension (156 x 193 cm) qui arbore, en bas à gauche, la traditionnelle signature du peintre, un L superposé au S de « Simon ». Cette peinture, datée de 1895, fut présentée l’année suivant au salon de la Société nationale des beaux-arts de Paris, et éveilla quelques féroces critiques dues à sa tonalité sombre, contribuant ainsi à la réputation de la Bande noire.

Cependant, la peinture suscita également des éloges, comme celui de François Thiébault-Sisson, qui, en faisant une recension de toutes les œuvres exposées au Salon, avertit que Charles Cottet n’était pas seul dans son ardeur à représenter les aspects rustiques et parfois tragiques de la vie bretonne, puisqu’il avait aussi quelques adeptes qui, comme lui, faisaient honneur à la peinture française : c’était précisément le cas de Lucien Simon « sur qui nous avions fondé de belles espérances, concrétisées maintenant avec son Pardon de Tronoan » (le Salon de 1896, Paris, Boussod, Valadon Cie, 1896, p. 90-91).

La peinture fut exposée un an plus tard à Saint-Pétersbourg, lors d’une exposition organisée par la Croix-Rouge internationale, et c’est sans doute à cette occasion que put l’acquérir Pavel Kousnetzoff, professeur à l’Académie impériale des beaux-arts de Moscou, personnage qui s’installa par la suite à Odessa. Nous ne connaissons pas le parcours de ce tableau, ni les raisons de son arrivée à Buenos Aires, ni où et quand elle intégra la collection Llobet. Nous pouvons supposer que Llobet en fit l’acquisition à Paris, lors de la vente de Madame X, qui eut lieu les 16 et 17 décembre 1919. A cette occasion, comme l’explique le dictionnaire Bénézit, on vendit, pour une somme de 6300 francs, une œuvre intituléePardon en Bretagne, qui pourrait être le tableau qui nous intéresse. Cette référence n’est cependant qu’une hypothèse ; en revanche, nous savons avec certitude qu’il existe une étude préalable à la réalisation définitive de la peinture – une peinture à huile sur toile de 46x 55cm – faisant partie aujourd’hui d’une collection privée.

JC06-d4949Il convient d’ajouter quelque chose à propos du titre et du thème représenté. Le pardon était (et est) une procession traditionnelle qui sort des églises de Bretagne – dans le cas de Notre-Dame-de-Tronoën, de la commune de Saint-Jean-Trolimon – pour solliciter le pardon pour les pécheurs absents, ou prier pour que les récoltes soient bonnes ou d’autres grâces collectives. Dans son commentaire, Llobet écrit que les pénitents marchaient en file « avec des croix processionnelles et des cierges fins, guidés par une même idée de purification, jusqu’aux vieux monuments des chemins de croix ». Devant ces chemins de pierre, la multitude élevait « des cantiques et rogations, expression concentrée des préoccupations et douleurs de chacun ». C’est le moment que Simon a su représenter de manière admirable, avec de larges et constants coups de pinceau qui modèlent les formes et leurs octroient une indiscutable corporéité, tout en composant un ensemble de figures qui rappelle les frises bigarrées de la gravure classique. Quant au monument de pierre représenté sur le tableau, il faut souligner qu’il s’agit d’une sculpture du xve siècle qui existe toujours et est l’une des plus grandes attractions touristiques de la région.

Il nous reste à clarifier à quoi se réfère le « Lanvoran » du titre de l’œuvre. Selon Cariou, ce mot signifie « sanctuaire de Saint Voran ou saint Moran », et Simon aurait été le seul à associer ce saint avec l’église de Notre-Dame-de-Tronoën, car son culte se célébrait de manière différente dans l’église de Sainte-Marine de Combrit.

Le tableau a fait partie de la collection Llobet jusqu’à la mort de celui-ci, et devint ensuite la propriété de sa fille, Ernestina Llobet Llavallol. En 1958, lorsque le Jockey Club rouvrit ses portes dans le siège provisoire de la rue Cerrito, Enestina Llobet en fit don à l’institution en mémoire de son père, dans l’idée de constituer de nouveau une collection d’art aussi importante que celle qui existait rue Florida.

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Un tel geste, imité par de nombreux actionnaires et leurs descendants qui donnèrent tableaux et objets d’art dans le même but, nous donne la preuve non seulement d’un geste de grande générosité, mais aussi de cet amour pur pour le Club dont toujours ont fait preuve les membres du Club et leurs familles.

La récolte de 1907 Musée des Beaux Arts de Quimper

La récolte de 1907
Musée des Beaux Arts de Quimper

En ce qui concerne l’autre tableau de Lucien Simon, qui fait face à celui dont nous venons de parler, nous pouvons observer qu’il s’agit d’une huile sur toile de grand format (146 x 192 cm), signé en bas à gauche. Ce tableau est connu, en tout cas depuis son arrivée dans notre pays, comme Les Paysans bretons. Cependant, il existe aussi un autre titre :Les Ramasseurs de pommes de terre à la pointe du Raz.

Cariou, lorsqu’il décrit la localisation des œuvres de Simon dans les musées, églises et lieux publics, le nomme ainsi, signalant – par erreur– qu’il fut donné au Jockey Club par « la fille de Francisco Llobet » (p.154). Laissons de côté cette inexactitude, puisque nous avons déjà mentionné que le tableau offert par la fille de Llobet était Le Pardon, mais prenons le temps d’expliquer de quoi il s’agit. A ce sujet, Cariou explique que les légumes constituaient une partie fondamentale de l’alimentation des Bretons, et c’est pour cette raison que Simon s’intéresse à refléter les paysans tout à leur tâche ardue de l’extraction des pommes de terre.

Ce sujet fut le sujet d’une célèbre peinture de 1907 – La Récolte des pommes de terre – qui fait aujourd’hui partie des collections du musée des beaux-arts de Quimper. Pour cette œuvre, Lucien Simon réalisa de nombreuses esquisses au crayon et à l’aquarelle, ainsi qu’une étude très complète à l’huile, qui appartiennent aujourd’hui à des collections particulières et au musée de Rennes. L’œuvre fut très bien reçue, ce qui explique pourquoi l’artiste en fit une réplique un an plus tard, une aquarelle sur papier de grandes dimensions, qui appartient au musée des beaux-arts de Nantes.

Dans tous les cas, qui présentent tous de petites variantes de détails, la scène se déroule dans les champs adjacents à la chapelle de Notre-Dame-de-la-Joie, entre le phare d’Eckmühl et le port de Saint-Guénolé. En revanche, le cadre est très différent dans le tableau connu comme Paysans bretons, dans lequel, selon Cariou, Simon aborde de nouveau le thème des ramasseurs quelques années plus tard, vers 1920, mais situant la scène à la pointe du Raz ; Cariou précise qu’une telle œuvre, après avoir appartenu à plusieurs collections privées, s’est incorporée à la collection artistique du Jockey Club de Buenos Aires (Cariou, p.70). A ce sujet, nous pouvons ajouter que, bien qu’il ne spécifie aucun lieu précis, dès 1924, Aubert avait catalogué cette peinture avec le titre de Récolte des pommes de terre (pointe du Raz), et donnait précisément la date de 1920 (Aubert, p.74).

En conciliant les deux titres, nous pouvons dire que le tableau montre en effet un groupe de paysans bretons, en nous indiquant au même moment que le travail que sont en train de réaliser ces paysans est précisément de ramasser les tubercules.

En ce qui concerne la gamme de couleurs, nous avons affaire ici à une palette aux harmonies plus sourde que celle de la version de 1907. De plus, la concentration des personnages est plus grande, personnages qui forment un bloc rythmé intérieurement par les diverses positions, les niveaux d’inclinaison des figures et une sorte d’éventail constitué par les bêches qui s’enfoncent dans la terre de manière répétitive, comme pour exprimer la monotonie d’un travail épuisant et sans fin. Les pierres qui occupent le premier plan de la composition et le ciel chargé de nuages de plomb forment un tout homogène dans lequel sont savamment reflétées l’ambiance âpre, l’atmosphère sévère et la rudesse du travail quotidien qu’a su si bien saisir le regard alerte de Lucien Simon.

Ce tableau vient d’une autre prestigieuse collection artistique de Buenos Aires, celle de Don Carlos Madariaga et Doña Josefa Anchorena. Nombre des œuvres de cette collection furent opportunément données au Musée national des beaux-arts, mais cette toile, qui fut peut-être acquise lors de l’exposition réalisée par Witcomb en 1925, fut offerte à la Fondation de l’enfance, dans l’idée que, grâce à une vente aux enchères ou une loterie, la Fondation puisse collecter des fonds pour son travail méritoire. Cependant, les autorités de cette institution décidèrent d’offrir le tableau au Jockey Club en décembre 1968, peu de temps avant l’inauguration de l’actuelle résidence de l’avenue Alvear, symbole de leur reconnaissance envers les innombrables bienfaits reçus du Club tout au long de son histoire.

Depuis ce jour, les deux tableaux, l’un face à l’autre, témoignent de deux moments du parcours artistique de Lucien Simon, tout en contribuant à enrichir l’élégant salon que, vers 1924, Doña Concepción Unzué de Casares décida de décorer à la manière française, avec une riche boiserie et un joli plafond peint, provenant d’un petit hôtel parisien.

En résumé : un petit coin d’art incomparable, qui, sans nul doute, contribue au prestige de cette somptueuse résidence dans laquelle se déroulent les nombreuses activités du Jockey Club.


El arte del pintor Lucien Simon en el Salón Dorado del Jockey Club

[1] Roberto D. Müller étudie l’Histoire et l’Histoire de l’Art à l’Université de Buenos Aires. Il suit également de nombreux séminaires sur la Philosophie, la Littérature, l’Histoire de la Musique, la Bibliothecologie, et la Cinematographie.

Durant vingt et un ans, il dirige l’importante Bibliothèque du Jockey Club de Buenos Aires et étudie l’histoire de l’institution, de sa bibliothèque et de son patrimoine artistique. Il organise de nombreuses expositions bibliographiques et artistiques, et publie fréquemment essais et papiers dans diverses revues, ayant trait à divers aspects du Jockey Club et de son histoire.

Esquisse biographique

Autoportrait,1908 Lucien Simon

Autoportrait,1908
Huile sur toile, 101×77
Lyon, musée des Beaux-Arts.
Le peintre est âgé de 47 ans.

Lucien Simon, né à Paris en 1861, quelques années avant la guerre de 1870, est mort en 1945, quelques semaines après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Après avoir hésité entre une carrière scientifique et une œuvre littéraire, il s’est consacré très vite à la peinture.

 

 

L’enseignement de quelques grands maîtres

Sa formation artistique a été moins assurée par l’enseignement académique traditionnel que par l’étude attentive des grands maîtres anciens et surtout de ceux qui ont exercé la plus grande influence sur lui, tels que Franz Hals, Vélasquez, Tintoret, Tiepolo, au Louvre et dans les grands musées étrangers.Ses premiers envois au Salon des artistes français (salon unique à l’époque), à partir de 1885, n’avaient pas été très remarqués. Son mariage avec Jeanne Dauchez, qui partage son goût pour la peinture et se fera connaître par son propre talent de portraitiste et de décoratrice, lui fait découvrir la Bretagne qui le séduit par ses lumières changeantes, ses paysages, sa population de marins et de paysans aux costumes colorés, dont il tirera toute sa vie une source toujours nouvelle pour son œuvre.

Procession à Penmarc’h - 1900 Huile sur toile, 134x175 Paris, musée d’Orsay

Procession à Penmarc’h – 1900
Huile sur toile, 134×175
Paris, musée d’Orsay

1900, un tournant dans la reconnaissance de son travail

L’un des tableaux qui assurèrent sa réputation, Procession à Penmarc’h, acquis par l’État au Salon de la société nationale des beaux-arts (récemment créé par un groupe de peintres désireux de s’affranchir de l’académisme de règle au Salon des artistes français et que Lucien Simon avait rejoint rapidement), n’a cessé de figurer depuis au musée du Luxembourg puis au musée d’Orsay.

De grandes compositions de l’époque ont retenu l’attention de musées importants.

PAX IN VIRTUTE TUA - 1926-1928

PAX IN VIRTUTE TUA – 1926-1928
Huile sur toile marouflée sur le mur, 374 x 940
Paris, Palais du Luxembourg
Ce panneau fait partie d’un ensemble de 4 toiles marouflées sur les murs de l’escalier dit des « conférences »

Entre les deux guerres, une production abondante et une palette qui s’éclaircit

Son œuvre se développe dans des domaines plus étendus, des portraits de sa femme, de ses enfants, de ses amis peintres,… des scènes populaires, fêtes costumées, scènes de bal ou de cirque.

Des croquis ou peintures rapportés de ses nombreux voyages en Italie, Espagne, Maroc, Algérie, États-Unis, Argentine, mais aussi de grandes compositions murales comme celles d’un grand escalier du Sénat, de plusieurs églises, du pavillon du grand-duché du Luxembourg à l’Exposition internationale de Paris en 1937, du cercle naval de Toulon, etc.

A mettre ici la photo qui correspond à la légende Camille 😉

Soirée dans l’atelier – 1904
Huile sur toile, 228 x 300
Collection de la Fondation Iris et B. Gerald Cantor.
Oeuvre achetée par le Carnegie Institute de Pittsburgh pour son musée lors de l’exposition de 1905.
Elle sera vendue en 1978.

Une longue carrière entre renommée et indépendance

Très éloigné des peintres officiels de son époque (dits « pompiers ») et ami de nombreux artistes de talent de sa génération tels Charles Cottet, Émile-René Ménard, George Desvallières, Maurice Denis, René-Xavier Prinet, son beau-frère André Dauchez, etc., il ne s’est jamais rallié aux modes ni aux théories des mouvements artistiques qui se sont succédé dans cette longue période.

Les historiens et critiques d’art ont eu des difficultés à le situer parmi les tendances de l’époque. Lucien Simon a néanmoins joué un rôle important en laissant une œuvre abondante et variée, marquée par un style personnel. En témoignent ses peintures dans les collections privées et dans les musées comme Orsay et le Petit-Palais, mais aussi en France, ceux de Lyon, Rennes, Reims, Rouen, Saint-Quentin, Colmar, Mulhouse, Quimper… et à l’étranger Moscou, Saint-Pétersbourg, Venise, Madrid, Stockholm, Budapest, Philadelphie, Chicago, Pittsburgh, Tokyo et Kurashiki au Japon, Buenos Aires en Argentine…

jury

Jury aux Beaux-Arts vers 1930

Il exposa régulièrement au Salon de la société nationale des beaux-arts, fut un des fondateurs du Salon des Tuileries, participa à de nombreuses expositions à l’étranger et dans des galeries.

Il fut élu à l’Académie des beaux-arts en 1927 et nommé membre du Conseil supérieur des musées nationaux en 1928. L’Institut lui confie la direction du musée Jacquemart-André de 1936 à 1943.

Par ailleurs, il a consacré beaucoup de temps à éveiller et encourager le talent de jeunes artistes par son enseignement. Il exerça à l’académie de la Grande Chaumière à partir de 1903 et à l’École supérieure des beaux-arts de Paris où il fut nommé professeur de peinture en 1923.

Après une période de relative indifférence, l’attention est revenue sur son œuvre depuis quelques années. De belles expositions lui ont été consacrées : à la galerie Philippe Heim, à Paris en 2002, et surtout au musée des Beaux-Arts de Quimper en 2006. Cette dernière exposition a été accompagnée de la réédition du livre d’André Cariou qui fait référence aujourd’hui sur Lucien Simon.

Son parcours d’artiste

Lucien Simon n’était pas prédisposé par son milieu familial à une carrière d’artiste. Son père, docteur en médecine, d’esprit scientifique et philosophique, sa mère issue d’une famille de commerçants et de juristes n’ont cependant pas fait obstacle à son orientation précoce vers l’art et la littérature. C’est assez tardivement, à l’époque de son service militaire, qu’il se tourna résolument vers le dessin et la peinture.

Un apprentissage marqué par la découverte d’œuvres et d’artistes 

À l’académie Julian, récemment créée, il reçut des leçons utiles de maîtres tels que Tony Robert-Fleury. Il eut surtout la chance d’y rencontrer des camarades parmi lesquels plusieurs, issus de milieux intellectuels, devinrent de vrais amis qui l’encouragèrent à poursuivre dans cette carrière de peintre. Ils l’introduisirent dans des cercles d’écrivains et d’artistes où Lucien Simon trouva ce qui lui manquait.

Un autre élément, le plus important peut-être, de sa formation a été le contact avec les grands maîtres anciens, au musée du Louvre notamment. Au cours d’un voyage qu’il eut l’occasion de faire aux Pays-Bas, il a été profondément marqué par les œuvres de Franz Hals qui ont beaucoup influencé sa conception de la peinture. Ultérieurement, la découverte et l’analyse des œuvres de peintres tels que Vélasquez, Ghirlandaio et Delacroix ont eu une influence certaine. Mais lui-même se considérait comme un autodidacte ayant beaucoup regardé, beaucoup douté et beaucoup travaillé.

peinture lucien simon bigoudène

Famille bigoudène en deuil – 1912
Huile sur toile, 113 x 155
Collection particulière (en dépôt au musée des Beaux-Arts de Quimper)

1880 – 1890, des débuts en lien étroit de compagnonnage artistique avec d’autres peintres 

Comme il était d’usage à l’époque, il commença par présenter ses premières toiles au Salon des artistes français, sans grand succès auprès de la critique ou du public. Tenté par le découragement, il persévéra cependant. Son effort se porta d’abord surtout vers la figure humaine, portraits ou groupes.

<strong>Photo de la peinture intitulée <em>"Groupe dʼamis"</em> - 1899</strong><br /> Elle représente dans son atelier de Montparnasse, de gauche à droite certains de ses amis artistes : André Dauchez, Edouard Saglio, Charles Cottet, André Saglio et René Ménard.<br /> Cette oeuvre peinte vers 1899, achetée par le Museum of Fine Arts de Pittsburgh a été détruite lors dʼun accident de Chemin de fer aux Etats Unis lors dʼun transport pour Chicago en 1905 où elle devait être exposée.<br /> Des esquisses de cette oeuvre existent dont une grande au Musée du Petit Palais à Paris.

Photo de la peinture intitulée « Groupe dʼamis » – 1899

Elle représente dans son atelier de Montparnasse, de gauche à droite certains de ses amis artistes : André Dauchez, Edouard Saglio, Charles Cottet, André Saglio et René Ménard.

Cette oeuvre peinte vers 1899, achetée par le Museum of Fine Arts de Pittsburgh a été détruite lors dʼun accident de Chemin de fer aux Etats Unis lors dʼun transport pour Chicago en 1905 où elle devait être exposée.

Des esquisses de cette oeuvre existent dont une grande au Musée du Petit Palais à Paris.

En 1890, un groupe de jeunes peintres, lassés de l’autoritarisme académique du Salon traditionnel des artistes français, firent sécession et, sous la conduite de maîtres tels Rodin, Puvis de Chavannes, créèrent la Société nationale des Beaux-Arts qui institua un nouveau Salon, plus ouvert aux conceptions nouvelles. La plupart des amis de Lucien Simon s’y rallièrent, tels que Prinet, Aman-Jean, Dinet, Jacques-Émile Blanche et quelques autres. Lucien Simon les rejoignit bientôt et dans cet environnement plus favorable conquit très rapidement la faveur de nombreux critiques d’art et d’amateurs. L’État lui acheta pour la première fois en 1893 une toile intitulée Fin de séance. Dès lors sa carrière était lancée et les années suivantes l’intérêt du public comme des institutions ne fit que grandir en France et à l’étranger.

1890-1900, un succès qui ne se démentira pas au long de sa carrière 

Le mariage de Lucien Simon avec Jeanne Dauchez, en 1890, elle-même peintre de talent et sa découverte de la Bretagne vont marquer un tournant dans sa carrière. La vie de famille sera une nouvelle source d’inspiration pour lui et le sujet de nombreux tableaux (Dîner à Kergaït, La causerie du soir, Madame L. Simon et ses enfants) même dans des scènes allégoriques (La musique, La peinture) où ce sont des membres de la famille qui sont représentés.

Causerie du soir Lucien Simon

Causerie du soir ou Fin de repas à Kergaït – 1901
Huile sur toile, 140 x 190
Stockholm, Nationalmuseum

 

Madame Lucien Simon et ses enfants

Madame Lucien Simon et ses enfants – 1903
Huile sur toile, 171,5 x 193,5
Budapest, musée des Beaux-Arts

L’implantation familiale dans le Finistère en 1893, surtout à partir du moment où Lucien et Jeanne Simon achètent à Sainte-Marine un sémaphore désaffecté, va permettre au peintre de découvrir la Bretagne (et singulièrement le pays bigouden peu connu jusque-là) et ses habitants dans leurs attitudes et leurs costumes si particuliers. Une grande partie de son œuvre y trouvera son inspiration.

Sa réputation se confirme, associée au groupe appelé « Bande noire » par la critique, sans doute par opposition aux claires toiles impressionnistes, où l’on retrouve avec Charles Cottet une grande partie de ses camarades de jeunesse tels Ménard, Prinet, André Dauchez, tandis que d’autres auxquels il reste très lié développent des orientations différentes (Aman-Jean, Desvallières, Maurice Denis, par exemple).

L’exposition décennale d’art de l’Exposition universelle de Paris en 1900 apporte une consécration officielle à sa carrière. Il y obtient la médaille d’or et est nommé chevalier de la Légion d’honneur, tandis que l’État achète pour le musée du Luxembourg la Procession à Penmarc’h et Coup de vent.

Coup de vent Lucien Simon

Coup de vent – 1902
Huile sur toile, 67 x 107
Moscou, musée Pouchkine

1900-1924, une notoriété qui se confirme avec une grande production artistique

Les premières années du xxe siècle, jusqu’à la guerre de 1914-1918 voient la confirmation de la place de premier plan de Lucien Simon que l’on associe souvent à son ami Cottet. Mais tandis que celui-ci continue à évoquer dans des toiles sévères la dure condition de vie des pêcheurs bretons, Simon se plaît à peindre les foules des pardons et des bals populaires avec une palette de plus en plus colorée. De nombreux amateurs recherchent ses toiles exposées non seulement dans les grands Salons français ou étrangers mais aussi dans de nombreuses galeries lors d’expositions personnelles ou collectives.

Puissant dessinateur, il parcourt la Bretagne un carnet de croquis à la main, notant une silhouette, une attitude, une sortie de messe, des marins sur un quai ou une paysanne remuant des gerbes. Il transpose ses dessins sur des esquisses et travaille ses compositions sur des toiles de formats différents, jusqu’à l’œuvre définitive, avec une étonnante virtuosité.

Sa famille est également pour lui une source d’inspiration, qu’il s’agisse des portraits de sa femme, de ses enfants ou petits-enfants, dans des scènes de jeux ou de déguisements.

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Préparation au bal costumé de Lucien SImon

Préparation au bal costumé
Lucien Simon
Vers 1925-1926

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Dominique et Noël costumés de Lucien Simon

Dominique et Noël costumés – 1924
Huile sur toile, 44,5 x 52
Collection particulière

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Enfin, de ses fréquents voyages, notamment en Italie, il ramène le thème de grandes compositions, religieuses pour certaines.

Les succès parisiens ont leurs prolongements à l’étranger et Simon figure dans les expositions de peinture contemporaine en Allemagne (Munich, Dresde, Karlsruhe, Berlin), en Italie (Venise), à Barcelone, Budapest, Liège, jusqu’en Russie (Saint-Pétersbourg et Moscou), au États-Unis (Pittsburg) et au Japon.

Lucien Simon est un artiste sensible, indépendant des modes. Sa peinture s’est éclaircie, rapprochée de celle des impressionnistes, tout en conservant ses caractéristiques de composition solide et originale et de virtuosité d’exécution. C’est toujours aux figures et aux silhouettes humaines qu’il s’intéresse, ses modèles sont vivants, il en suggère le tempérament, l’activité. Mais aussi, il sait saisir un effet de lumière fugitif, comme faire revivre l’ensoleillement d’un après-midi d’été, la douceur du soir ou l’inquiétante lumière d’un ciel d’orage. Aucun personnage n’est figé, il est toujours entraîné par le mouvement de la vie, du vent, de la route ou du travail.

 

La guerre de 1914-1918 a provoqué un profond bouleversement dans tous les domaines. L’âge (53ans) et une santé fragile l’ont éloigné d’une participation directe mais il souffre de voir la France meurtrie, son fils Paul est fait prisonnier, il soutient l’organisation d’une exposition d’art français à New York au bénéfice des œuvres de guerre, en 1916 ; en 1917, il est envoyé en mission sur le front pour y dessiner ce dont il est témoin.

Pendant ses séjours dans sa propriété de Bretagne, il peint l’arrivée et le départ des permissionnaires, les femmes au travail en l’absence des hommes… Mais peut-être pour échapper à l’angoisse de ces années noires, il peint de grandes toiles représentant des fêtes, des mascarades inspirées de Tiepolo, très colorées. Il s’écarte aussi du temps présent en s’inspirant de l’Antiquité en prenant comme thème Nausicaa à la fontaine.

Parade foraine à Kérity - 1941, Collection particulière de Lucien Simon

Parade foraine à Kérity – 1941
Huile sur toile, 140 x 245
Collection particulière

Des commandes de grands formats

Les années qui suivent l’amènent à entreprendre de grandes décorations murales.

En souvenir des morts de la guerre, il peint pour l’église Notre-Dame du Travail à Paris, dont le curé, l’abbé Chaptal, est un ancien camarade de collège, deux grandes peintures destinées à orner le baptistère.

Peu après, l’État lui commande la décoration d’un grand escalier du Sénat où il peut donner la mesure de son talent dans quatre immenses panneaux représentant la fin des combats et le retour aux activités pacifiques dans lesquels on retrouve les thèmes chers au peintre : sa famille dont tous les membres seront des modèles, les Bretons au travail, la musique et la vie intellectuelle. Le plafond fut commandé à son ami Maurice Denis. L’ensemble fut inauguré très solennellement par le président de la République en 1929.

D’autres grandes décorations sur des thèmes différents ont suivi cette grande œuvre : la chapelle des missions à l’Exposition coloniale de 1931 ; le Cercle naval de Toulon, en 1933, comportant quatre grands panneaux inspirés d’œuvres de Pierre Loti ; le chœur de l’église de la Robertsau, près de Strasbourg ; enfin le pavillon du grand-duché du Luxembourg à l’Exposition universelle de 1937 à Paris, pour lequel il dut réaliser trois immenses toiles représentant des scènes typiques et des paysages de cette principauté.

Une indépendance forte 

De ses voyages à l’étranger, Italie, Espagne, Maroc, Sénégal, Argentine, Brésil, Simon rapporte de nombreuses peintures qui sont présentées à côté d’autres relevant de ses thèmes habituels, scènes bretonnes et familiales, au cours de nombreuses expositions personnelles, tant à Paris qu’à Bruxelles et jusqu’à Pittsburg et Buenos Aires. Il continue à participer aux Salons, notamment à celui de la Société nationale des beaux-arts, pendant de nombreuses années, mais il le quitte quand il le trouve trop conformiste pour accompagner ses amis au Salon des Tuileries, puis au Salon national indépendant, à la suite de désaccords avec les animateurs des Salons traditionnels.

Pendant toute cette période, il recourt à toutes les techniques, notamment des grandes aquarelles étonnantes de virtuosité ; il fait quelques gravures avec son beau-frère André Dauchez et réalise l’illustration de livres : Le Poison d’Edmond Haraucourt, Le Livre de l’Émeraude d’André Suarès, Pêcheur d’Islande de Pierre Loti, pour lesquels il reprend thèmes et personnages familiers de son œuvre.

Un enseignement qui l’occupera avec passion et reconnaissance de nombre d’élèves

Lucien Simon entouré de ses élèves des Beaux-Arts vers 1930

Lucien Simon entouré de ses élèves des Beaux-Arts vers 1930

Au milieu de ce travail personnel d’artiste peintre, Lucien Simon attache beaucoup d’importance à son rôle de formation des jeunes artistes. Professeur à l’académie de la Grande Chaumière dès les débuts de celle-ci en 1904, ainsi qu’à d’autres ateliers privés, il est nommé, en 1923, professeur chef d’atelier de peinture à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris et, jusqu’en 1937, y acquit une grande réputation de maître attentif et libéral.

Les séances de l’Institut où il est élu en 1927, les réunions du Conseil supérieur des musées nationaux, la direction du musée Jacquemart-André, toutes ces activités le fatiguent sans l’empêcher de se remettre à peindre avec acharnement, quand il est à l’abri de ces sollicitations, dans son atelier de Bretagne.

1939-1945, dernier refuge dans la lumière bretonne qui l’a toujours inspiré 

La Seconde Guerre mondiale survenant en 1939 l’amène à résider plus souvent dans son Sémaphore pour sauvegarder ce foyer familial. Il y reprend une vraie activité de peintre inspiré par les paysages les plus proches. Il a plus de 80 ans et est de plus en plus fatigué mais il travaille sans relâche dans son atelier. Il se sert de ses croquis anciens pour de nouvelles compositions et réalise encore trois grandes toiles destinées à l’œuvre des Abris du marin pour décorer leur plus récent établissement.

Intimité de Lucien Simon

Intimité – vers 1942-1944
Huile sur toile, 81,5 x 100,5
Quimper, musée des Beaux-Arts

Il se peint, ainsi que sa femme, dans leur intimité, n’ayant plus guère d’autres modèles à sa disposition.

C’est là qu’il a le bonheur de voir la Libération et que, usé par le travail et la maladie, il meurt le 13 octobre 1945. Il est enterré au cimetière de Combrit.